Retour sur la conférence d’Edwy Plenel

Nous avons eu le plaisir de recevoir Edwy Plenel à la Maison Pour Tous du Petit Charran, en partenariat avec l’Université Populaire de Valence, pour une conférence sur la thématique du vivre ensemble : « Dire « nous », c’est inventer tous ensemble le « oui » qui nous manque, celui d’un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l’urgence de l’essentiel : la dignité de l’homme, le souci du monde, la survie de la terre. »

Près de 200 personnes ont pu écouter le discours passionnant de M. Plenel et échanger avec lui à la fin de la conférence. La librairie La Procure a mis à disposition du public un beau panel des livres écrits par notre invité qui s’est prêté bien volontiers à une séance de dédicace.

La soirée ayant été filmée par  nos amis de l’association Lyonnaise Couleur Café Citoyen, nous vous ferons bientôt partager ce moment en vidéo sur leur blog.

Merci M. Plenel pour votre engagement, votre disponibilité et votre gentillesse !

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Retour sur la conférence de Dominique Wolton

Un retour sur notre conférence avec Dominique Wolton dans le Dauphiné Libéré du 10 Février 2018.

Merci à tous de votre soutien.

Article DL 10/2/2018

Dauphiné Libéré – 10 Février 2018

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27/2 – conférence Benjamin Stora

La conférence de Benjamin Stora prévue initialement le 14 Décembre est reprogrammée en date du 27 Février prochain. M2M vous invite à assister à cette conférence intitulée : « La guerre des mémoires ».

 

Benjamin Stora, né à Constantine en Algérie, est un historien français, professeur à l’université Paris-XIII. Ses recherches portent sur l’histoire de l’Algérie et notamment la guerre d’Algérie, et plus largement sur l’histoire du Maghreb contemporain, ainsi que sur l’Empire colonial français et l’immigration en France. Il assure la présidence du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration depuis août 2014.

Le site de Benjamin Stora


« Que s’est-il passé ? Pourquoi la France a failli, par les exactions qu’elle a commises dans ses colonies, à ses valeurs républicaines et n’a toujours pas achevé le deuil de son empire colonial ?
«Harkis, pieds noirs, descendants d’esclaves ou petits-enfants de colonisés… La guerre des mémoires enfle. Chaque communauté, réelle ou autoproclamée, réclame une stèle, un mémorial, une loi. Pourquoi ce débat s’est-il réveillé depuis quelques années ?».
Benjamin Stora répond tout d’abord par un constat simple : la France, c’est aujourd’hui 18 millions d’individus qui ont des ascendants étrangers, huit millions environ de Français sont issus des anciennes colonies, soit le double par rapport aux années 1980. Or, pour certains, il ne fait pas toujours bon vivre en douce France ». 
Benjamin Stora , Historien ,  « la guerre des mémoires »
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7/2 – conférence de Dominique Wolton

M2M vous invite à assister à une conférence de Dominique Wolton: « Communauté et communautarisme ».

Dominique Wolton est sociologue. Directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication, il est spécialiste des médias, de l’espace public, de la communication politique, et des rapports entre sciences, techniques et société. Ses recherches contribuent à valoriser une conception de la communication qui privilégie l’homme et la démocratie plutôt que la technique et l’économie

Le site de Dominique Wolton


La communauté est « un groupe social caractérisé par le fait de vivre ensemble, de posséder des biens communs et d’avoir des objectifs commun ». Le communautarisme désigne l’attitude, ou les aspirations, de minorités ethniques, religieuses ou culturelles à vivre ensemble, au risque parfois de se replier sur elles-mêmes. Parfois, il prône le primat de la communauté sur les individus afin de contre- balancer les droits individuels par des devoirs envers le groupe. Par extension, communautarisme renvoie au principe d’organisation sociale par groupes d’intérêts, par opposition à la société qui réunit les individus et les groupes au-delà de leurs différences culturelles, idéologiques, politiques…

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18/11 – Géhenne : Soirée théâtre avec M2M

Samedi 18 novembre 2017 à 20h30

Dernière minute: Nous venons d’apprendre à l’instant que la tournée « Géhenne » est annulée à partir de ce jour pour les dates de Novembre, en effet, Shark Carrera l’acteur  principal de la pièce avec Ismaël Saidi vient de perdre un membre de sa famille ce 14 Novembre.
Nous ferons le nécessaire pour reprogrammer prochainement cette pièce après avoir respecté cette période de deuil.
Comptant sur votre compréhension
L’équipe M2M

M2M vous invite à découvrir Géhenne à l’Espace Liberté de Saint-Marcel-lès-Valence

Après le formidable succès de son spectacle Djihad, l’auteur, acteur et metteur en scène Ismaël Saidi nous revient avec le deuxième pan de sa trilogie théâtrale consacrée au radicalisme. Cette fois, il nous emmène dans l’histoire d’Ismaël qui – après avoir commis un attentat dans lequel plusieurs personnes ont été tuées et où il a perdu l’usage de ses jambes – est condamné à la prison à perpétuité. Là-bas, il rencontre un prêtre, commis d’office, avec qui le dialogue se noue difficilement. À l’hôpital, où il se rend régulièrement pour ses soins, il a des échanges cacophoniques avec une femme qui a perdu la raison. À trois, ils vous feront voyager dans un monde où l’antisémitisme, la haine de l’autre, l’intolérance religieuse, le racisme, la violence laissent subitement la place à quelque chose de nouveau. Ils vous prendront par la main et vous piloteront dans les tréfonds de l’esprit torturé d’un criminel. Avec eux, vous allez vibrer, verser des larmes et laisser fuser des rires. Trois âmes perdues, trois destins cabossés, trois corps errants au milieu du chaos, au milieu de la « Géhenne ».

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23/09 – Reprise entre amis avec M2M

Samedi 23 septembre 2017 à 20h30

M2M vous propose une soirée « Reprise entre Amis » humour/slam à la MJC Grand Charran à Valence avec Hassan et le duo Mehdi/Olivier.

 

Hassan – Je vous laisse ma carte :  avec ce spectacle, Hassan se penche et s’épanche sur son parcours professionnel, il pioche dans sa carrière pour en extraire des pépites d’humour où les jeux de mots se ramassent à la pelle. Une galerie de portraits fantaisistes qui se succèdent tels des wagons dans une mine d’or… Un spectacle de première classe !

//entracte//

Quand sonne Mehdi : est un duo composé de Mehdi Dix et d’Olivier Kikteff. Ce duo marie poésie, slam, percussions et instruments à cordes pour des compositions originales. Ils nous invitent à un voyage musical à travers le monde, et poétique à travers la langue française. La poésie de Mehdi se veut dense, vivante et vivace ; la musique d’Olivier est éclectique mais toujours singulière.

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14/12 – Conférence avec Benjamin Stora // Reporté !

Conférence reportée à une date ultérieure en 2018 ! Nous vous tiendrons informé et vous présentons nos excuses.

Jeudi 14 décembre à 19h

M2M vous propose une conférence avec Benjamin Stora au Lycée Le Valentin à Bourg les Valence.

 

« Que s’est-il passé ? Pourquoi la France a failli, par les exactions qu’elle a commises dans ses colonies, à ses valeurs républicaines et n’a toujours pas achevé le deuil de son empire colonial ? «Harkis, pieds noirs, descendants d’esclaves ou petits-enfants de colonisés… La guerre des mémoires enfle. Chaque communauté, réelle ou autoproclamée, réclame une stèle, un mémorial, une loi. Pourquoi ce débat s’est-il réveillé depuis quelques années ?».
Benjamin Stora répond tout d’abord par un constat simple : la France, c’est aujourd’hui 18 millions d’individus qui ont des ascendants étrangers, huit millions environ de Français sont issus des anciennes colonies, soit le double par rapport aux années 1980. Or, pour certains, il ne fait pas toujours bon vivre en douce France ». 
Benjamin Stora , Historien ,  « la guerre des mémoires »
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Musique « Chaâbi » revisité

Koum Tara est né en Romans à la « Cité de la Musique », de  la rencontre de quatre univers musicaux autour d’un même projet, créé et dirigé par le compositeur Karim Maurice : les musiques traditionnelles Chaâbi, le quatuor à cordes classique, les musiques actuelles, et le jazz. Bonne écoute !

 

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Feuilleton : Les premières émigrations drômoise en Algérie (04)

Émigration religieuse drômoise en Algérie, terre d’Islam

Dans l’examen des registres de passeports puis d’émigration pour l’Algérie, une place particulière doit être faite aux religieux. Prêtres, sœurs, moines ont accompagné la conquête et parmi eux des religieux installés dans la Drôme.

Voici l’exemple des trinitaires de Valence et les trappistes d’Aiguebelle.

Les trinitaires de Valence

En juillet 1856, quatre sœurs Trinitaires de Valence âgées de 26 à 39 ans, vont s’installer à Oran, plus tard en 1857, à nouveau trois autres religieuses Valentinoises les rejoindrons. En février 1859, une sœur Trinitaire part de Valence pour Oran avec cinq religieuses du même ordre. Les départs se font en groupe de quatre à cinq sœurs le plus souvent ; la plus âgée bénéficiant du passeport pour le groupe.

En septembre 1861, la supérieure de l’ordre des Trinitaires, âgée de 42 ans, obtient un passeport ; elle est accompagnée de six sœurs émargeant sur le même passeport. Quelques jours plus tard, le 8 octobre, une Trinitaire accompagnée de treize autres se font délivrer un passeport. Le 21 octobre, huit sœurs obtiennent aussi leur passeport.

L’émigration religieuse apparaît donc active dans la première moitié du Second Empire. En fait, elle remonte au début des années 1840. A peine plus de dix après, la conquête de l’Algérie, des moines et des sœurs ont entrepris de s’installer sur l’autre rive de la Méditerranée. Un rapport de 1848 du ministère de la Guerre sur la congrégation religieuse en Algérie2 signale que depuis 1842, 18 religieuses, des sœurs Trinitaires de Valence vivant en une seule maison, tiennent une école gratuite, un asile

La trappe de Staouëli ( région d’Alger)00

et donnent des secours à domicile. A cette date, cette communauté est seulement tolérée, seule la communauté de St Joseph du Mans étant autorisée.

 

Le tableau de la situation des établissements français dans l’Algérie de 1854-18553 signale lui la présence de sœurs Trinitaires à Oran, Mostaganem, Tlemcen, Mascara, etc. Avec les filles de la Charité, les sœurs de la doctrine chrétienne et les religieux du Bon-Pasteur, les Trinitaires originaires de Valence, paraissent constituer l’ordre féminin le plus implanté en Algérie4.

Entre 1820 et 1850, les Trinitaires représentent donc un ordre en pleine expansion qui met en place des communautés, un noviciat, des écoles, des hôpitaux, orphelinats et autres œuvres dans tout le Sud-Est de la France. L’option missionnaire est ouverte à l’occasion de la conquête de l’Algérie. C’est ainsi quatre sœurs Valentinoises s’embarquent dés 1840 pour Oran. Les débuts sont rudes : pauvreté, inconfort … mais aussi épidémies. Le choléra qui s’abat sur l’Oranie en 1849 donne l’occasion aux sœurs d’exercer leur vocation de soignantes dans la religion. Progressivement, la congrégation s’installe solidement en Algérie développant ses œuvres (écoles, dispensaires, hôpitaux) et faisant appel à un flux de religieuses comme le révèle le registre des passeports de la Préfecture de la Drôme.

Pour B. Delpal « le parcours des fondations d’Aiguebelle, opérées entre 1843 et 1863, commence à Staouëli, grande utopie chrétienne en terre d’Islam »5. C’est en effet en 1843 qu’un groupe de trappistes, originaires en grande majorité d’Aiguebelle dans la Drôme, est conduit par François Régis pour établir la Trappe de Notre-Dame de Staouëli en Algérie ou Trappe d’Afrique. Jusqu’en 1904, date du départ des religieux pour l’Italie et de la vente de leur propriété, Staouëli constitue une vitrine chrétienne de l’Occident en Algérie. C’est à un député en mission en Algérie en 1841, de Corcelle, que revient la suggestion de faire contribuer des moines à la colonisation. Son rapport remis au ministère de la Guerre, le maréchal Soult propose d’associer au sabre et à la charrue, la croix. De Corcelle, libéral catholique, connaît bien la grande Trappe et apprécie son supérieur qui négocie ensuite avec l’Etat6 (et tout particulièrement le ministère de la Guerre) les conditions d’implantation des moines d’Aiguebelle. Le 20 août 1843, le Père François Régis prend possession de 1 020 hectares d’un sol aride couvert d’épineux et de palmiers nains à Staouëli à l’ouest de la grande rade d’Alger dans la Mitidja.

La « pacification » de l’Algérie est alors loin d’être terminée et la terre d’implantation des moines drômois est de conquête récente. Le premier monastère, bâti en bois avec le concours d’un détachement de sapeurs du génie et de condamnés militaires, permet d’accueillir les premiers religieux pionniers conduits d’Aiguebelle dès septembre 1843.

Les envois échelonnés de moines vont conforter la colonie trappiste longtemps isolée de la société environnante et parfois découragée par des conditions sanitaires très difficiles, la maladie, l’insalubrité et la dureté du climat. L’essoufflement du recrutement se fait sentir au milieu du Second Empire avant de retrouver un dynamisme. En 1879, la communauté qui atteint son apogée numérique rassemble 119 personnes, Aiguebelle ayant été le premier centre de recrutement de ces trappistes d’Algérie.

Avec l’aide constante de l’armée et des autorités de colonisation, Staouëli, tout à la fois monastère, grand domaine (avec 560 ha de vigne, de blé, de géraniums cultivés en 1863), ferme modèle (qui teste la garance, le mûrier, le ver à soie …), apparaît comme une vitrine de l’Occident périodiquement inspectée et visitée (en particulier par Napoléon III guidé par Mac-Mahon en mai 1865)7.

Plaine de la Mitidja

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Des moines drômois à Staouëli au cœur de la Mitidja

L’utopie n’est pas absente des projets d’implantation de communautés militaires, civiles et religieuses en

La mosquée d’Alger vers 1830

Algérie. Ces conquérants rêvent d’une union mystique entre l’Orient et l’Occident, convaincus de la nécessité de conquérir l’univers inculte par l’épée, par la charrue, par l’humanité (pour les utopistes socialistes) ou par la foi (pour les communautés religieuses).

 

Les Fourniéristes créent ainsi St Denis du Sig commune située à 50 km d’Oran, une union agricole d’Afrique qui prétend démolir et refaire la vieille société tandis que des nobles légitimistes créent de grands domaines. Certains de ces projets à connotations religieuses ou politiques ont quelques échos dans la Drôme. En 1861 par exemple, la préfecture de la Drôme est informée du projet de création d’une colonie protestante en Algérie sur le territoire des Trembles8.

Philippe Bouchardeau, historien ,  Après Les émigrations drômoises en Algérie au milieu du XIXe siècle, Revue drômoise, Les Drômois et l’Algérie 1830-1962, N° 503, 

 

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ZEP : Zone d’Education Précaire

Nous avons rencontré deux enseignants dont l’un intervient encore dans ce que l’on a nommé une Zone d’éducation Précaire. Pour ces profs qui ont choisi d’éduquer des enfants dans un milieu particulier, leur démarche relève d’une réelle implication.

Rencontre avec Bassem, qui enseigne actuellement le français à Gaza en Palestine

M2M : Que représente l’enseignement du Français à Gaza en Palestine ?

Bassem : Nous avons au total 36 écoles enseignant le français ; 30 dans le public et 6 dans le privé pour environ 3000 élèves , les classes peuvent atteindre 55 enfants. Les élèves, dont beaucoup n’ont pas les moyens de se payer les fournitures scolaires, passent un examen international et nous avons malgré tout un des meilleurs résultat mondial pour la maitrise  du français.

M2M : Comment expliquez-vous ce résultat ?

Bassem : La motivation des élèves pour apprendre est énorme car  l’objectif est de sortir d’un territoire occupé afin de pouvoir continuer ses études à l’étranger. Compte tenu des conditions de vie avec la colonisation, nous sommes dans  l’obligation de s’adapter au pire sans jamais baisser les bras.

M2M : Quelles sont vos conditions de fonctionnement ?

Bassem : L’école est gratuite mais les enfants effectuent en moyenne 20mn à pied pour s’y rendre, le centre linguistique spécialisé coûte par contre très cher. Le ministère n’a pas les moyens de recruter suffisamment de profs ,et pour nous qui enseignons c’est compliqué car nous ne sommes pas payés régulièrement alors qu’acheter à manger représente pour nous un souci quotidien.

M2M : Enseigner ou apprendre devient un combat ?

Bassem: Nous avons beaucoup de plaisir à enseigner et les élèves à apprendre car c’est un moyen de résister et d’évoluer, nous sommes tributaires des frontières et de la politique arbitraire que nous imposent l’occupant.

M2M : L’occupation israélienne au quotidien c’est comment ?

Bassem: L’eau potable n’existe pas, il nous faut acheter l’eau filtrée ou des purificateurs, nous avons que 4h d’électricité par jour et c’est Israël qui contrôle notre système informatique. Les enfants n’ont aucune activité extrascolaire et sans éclairage étudier est un vrai problème.

M2M : Vous arrivez à garder espoir ?

Bassem : Les Palestiniens sont prêts pour vivre en paix, ils attendent seulement l’émergence d’un  véritable chef d’état Israélien d’accord pour un solution acceptable pour tous. Autrement dans l’immédiat nous allons modestement essayé de développer le l’enseignement du français à Gaza.

Gaza ou tout est plus difficile qu’ailleurs.

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Echanges avec Annie R qui a travaillé près de 30 ans en ZEP à Valence,

M2M: Est-ce qu’enseigner était une vocation?

Annie R : C’est devenu une vocation malgré le fait d’avoir bourlinguer pour obtenir un poste, à un moment j’ai réalisé que je prenais beaucoup de plaisir à enseigner aux enfants de quartier populaire,  j’y trouvais beaucoup de sens.

M2M : As-tu enseigné longtemps en ZEP ?

Annie R: En 1983, j’ai connu le démarrage des ZEP à l’école Jules Valles à Valence. Nous avions la chance d’avoir les moyens et une grande liberté pédagogique pour exercer le plus beau métier du monde. Nous avions créé une école ouverte aux parents et aux structures d’animation du quartier. La ZEP était une belle idée « donner plus aux enfants qui ont le moins ».

M2M: As-tu aussi vu ce quartier se transformer ?

Annie R: Si au début nous avions seulement 15 à 20% d’élèves issus de l’immigration avec des parents qui avaient du travail, j’ai vu le quartier devenir mono culturel des parents au chômage et dépassés par les soucis quotidiens. J’ai vu aussi la religion sortir du domaine privé pour entrer dans l’Ecole, ce qui a modifié sur biens des sujets les relations entre les parents et l’École.

M2M : Pourquoi chaque ministre veut reformer l’École ?

Annnie R: Ils oublient cependant d’y mettre les moyens et n’ont pas toujours conscience que l’école et la culture sont la base d’une société. Veulent-ils vraiment que les enfants réussissent ?

M2M: Que devient l’école ?

Annie R: Avec l’accord du plus grand nombre, l’École est devenu un lieux de compétition où les directives renforcent les notes et les classements. Le BAC ne veut plus rien dire et ils serait préférable d’appliquer simplement un contrôle continu. Mon rôle d’enseignante a été d’amener chaque élève au maximum de ses possibilités dans le cadre d’une mission éducative.

M2M: Qu’est-ce que tu redoutes ?

Annie R: Avec la suppression des moyens l’école ne sera plus un lieux d’entraide. Enseigner fait parti des rares métiers qui ne reçoivent plus de formation spécifique ! Le nouveau président est un libérale qui a la culture de l’élitisme. Va-t-il continuer à casser l’École ?

M2M: Que reste-t-il des ZEP ?

Annie R: Il ne reste que le mot, avec la ghettoïsation du quartier on a ghettoisé l’École. C’est le reflet du fonctionnement de notre société. Mon travail d’enseignante et de faire en sorte que les enfants aient envie d’améliorer la vie et non pas seulement de s’insérer dans une société imparfaite.

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